Comment obtenir la carte internationale d’assurance ?

Depuis le 1er avril 2024, la carte verte papier n’est plus exigée lors d’un contrôle routier en France pour les véhicules immatriculés. Les forces de l’ordre consultent désormais le Fichier des véhicules assurés (FVA) pour vérifier la couverture. Ce changement a créé une confusion chez de nombreux automobilistes qui préparent un voyage à l’étranger : faut-il encore demander un document à son assureur avant de partir ?

La réponse dépend de la destination. La carte internationale d’assurance automobile, longtemps appelée carte verte en raison de sa couleur, reste un document utile, parfois obligatoire, dès que le véhicule franchit une frontière.

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Carte internationale d’assurance automobile : ce que le FVA ne remplace pas

Le Fichier des véhicules assurés permet de vérifier qu’un véhicule immatriculé en France dispose bien d’une responsabilité civile active. Son périmètre s’arrête là. Il ne détaille ni les garanties complémentaires (vol, dommages, assistance), ni leur étendue géographique.

Pour un trajet entre Paris et Lyon, le FVA suffit. Pour un road trip vers l’Espagne ou la Croatie, il ne constitue pas une preuve de couverture reconnue par les autorités locales. Le FVA n’a aucune valeur probante hors de France.

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Le délai de mise à jour du fichier pose aussi un problème concret. Après une souscription ou un changement de contrat, l’actualisation du FVA peut prendre jusqu’à 72 heures. Un véhicule récemment assuré peut donc apparaître comme non couvert lors d’un contrôle, y compris sur le territoire français. Le justificatif transitoire remis par l’assureur conserve alors un rôle de protection temporaire.

Homme recevant sa carte internationale d'assurance dans une agence d'assurance professionnelle

Démarches pour obtenir la carte internationale auprès de son assureur

La procédure est simple, mais elle suppose une action de l’assuré. La carte internationale n’est plus envoyée automatiquement par tous les assureurs depuis la suppression de la carte verte papier. Certains la génèrent encore à chaque échéance, d’autres ne la fournissent que sur demande.

Modes de demande et de transmission

Trois canaux existent selon les compagnies :

  • L’espace client en ligne ou l’application mobile, où le document est souvent téléchargeable au format PDF sous quelques minutes.
  • Un appel au service client ou un passage en agence, avec remise immédiate ou envoi postal sous quelques jours.
  • Un email adressé à son conseiller, avec réception du document en pièce jointe.

Le document est gratuit. Aucun assureur français ne facture sa délivrance. Si un intermédiaire demande un paiement pour ce service, il s’agit d’une pratique anormale.

Quand faire la demande

Anticiper de deux à trois semaines avant le départ reste prudent, surtout en période estivale où les délais de traitement s’allongent. Pour les assurés qui passent par le format numérique, le téléchargement est quasi instantané, mais il vaut mieux vérifier que le document est à jour et que la liste des pays couverts correspond à l’itinéraire prévu.

Pays couverts et pays rayés : lire le document avant de partir

La carte internationale d’assurance liste l’ensemble des pays dans lesquels la responsabilité civile du contrat fonctionne. Un pays dont le nom est rayé sur le document n’est pas couvert par le contrat en cours. Rouler dans ce pays sans assurance valide expose à des sanctions locales et à une absence totale de prise en charge en cas d’accident.

L’assurance responsabilité civile souscrite en France couvre automatiquement tous les pays de l’Union européenne. Elle s’étend aussi aux pays dont les bureaux nationaux d’assurance ont conclu des accords de garantie mutuelle. La Suisse, la Norvège, la Serbie ou la Turquie figurent généralement dans cette liste, mais ce n’est pas systématique pour chaque contrat.

Pour un pays hors couverture, deux options se présentent :

  • Demander à son assureur une extension temporaire de garantie, souvent facturée en supplément et limitée dans le temps.
  • Souscrire une assurance frontière directement dans le pays concerné, auprès d’un bureau d’assurance local. Cette couverture est minimale et ne concerne que la responsabilité civile.

La carte internationale n’atteste que de la responsabilité civile. Les garanties vol, bris de glace, dommages tous accidents ou assistance rapatriement ne sont pas nécessairement valides à l’étranger, même si le pays figure sur le document. Seul le contrat d’assurance lui-même, ou un avenant spécifique, précise l’étendue réelle des protections hors frontières.

Homme présentant sa carte verte d'assurance internationale devant son véhicule en milieu urbain

Véhicules non immatriculés et cas particuliers après la réforme

La suppression de la carte verte en France concerne les véhicules immatriculés dans le système d’immatriculation français et référencés dans le FVA. Les véhicules non immatriculés restent soumis à l’obligation de présenter un justificatif d’assurance, y compris sur le territoire national.

Cette catégorie inclut certaines remorques, des engins agricoles, des trottinettes électriques puissantes ou des véhicules de collection en cours de régularisation. Pour ces véhicules, l’attestation papier délivrée par l’assureur reste le seul moyen de prouver la couverture lors d’un contrôle routier.

Le cas des véhicules immatriculés à l’étranger circulant en France suit une logique inverse : leurs conducteurs doivent pouvoir présenter leur propre carte internationale d’assurance ou un document équivalent reconnu par le bureau français.

Assurance auto à l’étranger : ce que le document ne dit pas

Un point rarement explicité par les assureurs concerne la différence entre couverture minimale et couverture complète à l’étranger. La carte internationale confirme que la responsabilité civile fonctionne dans les pays listés. Elle ne dit rien sur les plafonds d’indemnisation applicables localement, ni sur les franchises qui peuvent différer de celles prévues en France.

Avant un déplacement prolongé, relire les conditions particulières du contrat reste la précaution la plus fiable. Certaines garanties complémentaires sont limitées ou exclues hors du territoire français, même quand le pays de destination apparaît sur la carte internationale. L’assistance en cas de panne, par exemple, peut être plafonnée en distance ou en durée selon les contrats.

Le document papier ou numérique a un rôle précis : attester la responsabilité civile auprès des autorités étrangères. Pour tout le reste, c’est le contrat qui fait foi.