Le train de nuit Paris-Venise direct, celui qu’on réservait sur Thello pour embarquer et se réveiller à Venezia Santa Lucia, n’existe plus depuis 2021. Pour qui veut quand même rallier Venise en dormant à bord d’un train, la situation a changé : on ne parle plus d’un trajet unique, mais d’un parcours en correspondance qui demande un peu de préparation.
Fin du Paris-Venise direct : ce qui s’est passé depuis 2021
La suppression de la ligne Thello Paris-Milan-Venise en 2021 n’est pas un cas isolé. Elle s’inscrit dans un recul plus large des liaisons internationales de nuit au départ de Paris.
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Le Nightjet Paris-Vienne, opéré par ÖBB et souvent présenté comme une porte d’entrée vers l’Italie via l’Autriche, a lui aussi été retiré du service en décembre 2025, après seulement deux années d’exploitation. La fin de la subvention française a pesé dans cette décision.
La fragilité économique des trains de nuit transfrontaliers reste le problème de fond. Le matériel roulant coûte cher à entretenir, les péages ferroviaires varient d’un pays à l’autre, et les financements publics ne suivent pas toujours la demande. On se retrouve dans une situation où les voyageurs réclament ces liaisons, mais où les opérateurs peinent aux maintenir.
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Itinéraire train de nuit vers Venise via Stuttgart : le trajet qui fonctionne
ÖBB propose une ligne Nightjet reliant Stuttgart à Venise. C’est aujourd’hui l’option la plus concrète pour dormir en train sur une partie du parcours vers la Cité des Doges.
Le parcours en pratique
On prend d’abord un TGV ou un train de jour Paris-Stuttgart (plusieurs liaisons quotidiennes via Strasbourg). À Stuttgart Hauptbahnhof, on embarque sur le Nightjet NJ 237 en direction de Venezia Santa Lucia. Le train traverse Munich, Salzbourg et les Alpes autrichiennes avant de descendre vers le nord de l’Italie.
Le trajet nocturne Stuttgart-Venise représente la portion où l’on dort réellement. La correspondance à Stuttgart implique de vérifier la compatibilité des horaires entre le train français et le Nightjet, car les billets se réservent séparément.
Ce qu’on trouve à bord du Nightjet
Le train ÖBB propose trois niveaux de confort :
- La voiture-lits, avec des compartiments individuels ou doubles équipés d’un lavabo, de draps et d’un petit-déjeuner inclus. C’est l’option la plus confortable pour arriver reposé.
- La voiture-couchettes, avec des compartiments de quatre ou six places. On dispose d’un matelas fin, d’un oreiller et d’une couverture. Correct pour une nuit, sans plus.
- La voiture places assises, la moins chère, mais dormir en position assise sur un trajet de plusieurs heures reste un compromis que tout le monde n’accepte pas.
La différence de prix entre la place assise et la voiture-lits est significative. Réserver tôt permet d’accéder aux tarifs les plus bas, surtout en voiture-couchettes où les places partent vite en période estivale.
Réservation des billets Paris-Stuttgart puis Stuttgart-Venise
Le point qui coince souvent, c’est que ce trajet n’apparaît pas comme un billet unique sur la plupart des plateformes. On réserve deux segments distincts : Paris-Stuttgart d’un côté (via SNCF Connect ou une plateforme de vente européenne), Stuttgart-Venise de l’autre (sur le site ÖBB Nightjet).
Cette séparation a une conséquence concrète : en cas de retard du premier train, le second n’attend pas. Prévoir une marge d’au moins une heure à Stuttgart réduit le risque. Certains voyageurs choisissent même d’arriver en fin d’après-midi pour visiter la ville avant l’embarquement nocturne.
Côté tarifs, le segment Paris-Stuttgart en TGV varie selon l’anticipation de la réservation. Le Nightjet Stuttgart-Venise suit la même logique de yield management : plus on réserve tôt, moins on paie.

Alternative train de jour Paris-Milan-Venise : le parcours sans nuit
Pour ceux qui ne veulent pas gérer la correspondance nocturne, l’itinéraire de jour reste une option solide. Un TGV relie Paris à Milan en quelques heures. Depuis Milano Centrale, un Frecciarossa (train à grande vitesse italien) dessert Venezia Santa Lucia.
Le trajet total prend une bonne partie de la journée, mais on voyage en plein jour avec une vue sur les paysages alpins côté italien. Aucune portion du trajet ne s’effectue de nuit, ce qui simplifie la logistique et permet de réserver un billet combiné sur certaines plateformes.
Ce choix convient particulièrement aux voyageurs qui partent le matin et veulent être à Venise en fin de journée. La fréquence des Frecciarossa depuis Milan offre une certaine souplesse sur les horaires de correspondance.
Depuis Lyon ou Marseille : quelles connexions vers Venise
Les voyageurs du sud de la France ont un avantage géographique. Depuis Lyon, on rejoint Milan plus rapidement qu’au départ de Paris, ce qui ouvre la possibilité de prendre un train de jour vers Milan puis un Frecciarossa vers Venise, le tout en une journée confortable.
Depuis Marseille, le trajet est plus long mais suit la même logique : remonter vers Lyon ou Milan, puis basculer vers Venise. La connexion via Stuttgart pour le Nightjet reste possible mais ajoute un détour notable par le nord.
Le choix entre le parcours de nuit via Stuttgart et le parcours de jour via Milan dépend surtout de la priorité qu’on donne au temps ou à l’expérience. Le train de nuit permet d’économiser une nuit d’hôtel et d’arriver le matin à Venise. Le train de jour offre un trajet plus lisible, sans risque lié aux correspondances nocturnes.
La reprise d’un train de nuit direct Paris-Venise n’est pas à l’ordre du jour. Les contraintes de financement et de matériel roulant qui ont provoqué la disparition de Thello puis du Nightjet Paris-Vienne restent entières. Pour le moment, la correspondance à Stuttgart est la seule façon de dormir en train sur le chemin de Venise.

